Joseph Beuys: l’art est une nourriture pour l’homme

27 janvier 1970. Lors d’un débat public, Joseph Beuys explique pourquoi l’être humain ne peut pas vivre sans art.

Biographie

Sa naissance commence déjà par une fiction. Il déclarait être né à Clèves et non à Krefeld. C’est en découvrant des illustrations des sculptures de Wilhelm Lehmbruck, au cours des années 1930, que Beuys ressent fortement la volonté de devenir sculpteur. Il obtiendra son baccalauréat en 1940, juste avant d’être enrôlé en tant que pilote dans l’armée de l’air allemande.

Un événement va être déterminant pour la suite de sa vie : pilote de la Luftwaffe sur le front russe pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’écrase en Crimée. Ce moment est pour lui celui de l’instauration de sa légende personnelle : il semblerait qu’une patrouille allemande l’ait retrouvé et emmené à l’hôpital, mais Beuys raconta que, recueilli par des nomades tartares qui l’avaient nourri de miel, il était revenu à la vie, recouvert de graisse et enroulé dans des couvertures de feutre. Ces éléments qui lui auraient sauvé la vie deviendront récurrents dans sa production artistique (exemple : Pompe à miel). Il utilisera aussi couramment des matériaux tel que le feutre ou la graisse, en souvenir de cet incident qui, sans avoir recours à ces éléments, lui aurait coûté la vie (exemple : La horde).

Dès lors, à partir de la fin de la guerre, il devient la figure emblématique du mouvement Bewegung. Sa production artistique, constituée d’actions, de peintures, de dessins, de sculptures et de vitrines s’étend sur plus de trente ans. Durant cette période, il donne également de nombreuses conférences (Londres, Düsseldorf, Dublin, Bruxelles, Paris, New York…), tout en enseignant dans plusieurs instituts (Düsseldorf, 1961-1972).

En 1970, Joseph Beuys était professeur de sculpture à la Kunstakademie de Düsseldorf. Elias Maria Reti, son plus jeune élève à la Kunstakademie de Düsseldorf, a étudié l’art avec lui à l’âge de quinze ans2.

Un projet de vie

L’originalité de Beuys tient à ce que, non content de construire son œuvre sur le récit de sa vie (démarche inédite à l’époque[réf. nécessaire]), il retourne les termes du problème et s’efforce de mener son œuvre comme un projet existentiel.

L’artiste s’invente un personnage (reconnaissable à son chapeau et son gilet) qui investit tous les domaines : professorat à l’académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, création du Deutsche Studenten Partei en 1966, puis d’une Université libre internationale (manifeste de 1972), activités politiques et sociales diverses comportant une dimension ironique et ambiguë.

C’est en partie à cause de cette ironie sous-jacente que Beuys fut décrié par certains de ses contemporains : il lui fut reproché, entre autres, la dimension mystique de son œuvre, la récupération de l’histoire (la tragédie de la Seconde Guerre mondiale est un thème récurrent de ses travaux), mais surtout une certaine propension au culte de la personnalité.

Rencontre avec le dalaï-lama

En 1978, l’artiste néerlandaise Louwrien Wijers interviewa Joseph Beuys sur l’avenir de l’art, de la religion et de l’économie, qui lui suggéra de poser les mêmes questions à Andy Warhol, lequel lui suggéra à son tour d’interroger le dalaï-lama. Louwrien Wijers se rendit à Dharamsala, en Inde du Nord, et trouva des points communs dans les visions de Beuys, d’Andy Warhol et du dalaï-lama, qui déclara comprendre Beuys et que son œuvre concerne l’impermanence4. Joseph Beuys proposa que la documenta de Cassel invite le dalaï-lama pour donner au Tibet un statut d’exemplarité planétaire d’une nouvelle entité basée sur un esprit de paix, l’égalité, la fraternité, la solidarité économique, ainsi qu’une véritable démocratie. Pour préparer cette audience, suivant la suggestion émise le 29 janvier 1982 à Paris par l’artiste de Fluxus Robert Filliou, qui pratiquait le bouddhisme tibétain, Beuys rencontra Sogyal Rinpoché, qui visita son atelier à l’académie des beaux-arts de Düsseldorf le 28 avril. La rencontre entre Beuys et le dalaï-lama eut lieu le à Bonn5 et soixante artistes y participèrent dont Robert Filliou. En 1990, après la mort de Joseph Beuys et de Robert Filliou, un colloque ayant pour thème la rencontre de l’art, de la science et de la spiritualité dans une économie changeante se tint au Stedelijk Museum, à Amsterdam, auquel participa notamment le dalaï-lama6.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Beuys

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